LES REGRETS DU PRÉFET...

Publié le par Les amis du moulin Mathias


 

OUEST-FRANCE Vendredi 28 janvier 2011

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François Philizot quitte le Morbihan avec des regrets. La dure loi de l'administration préfectorale.Il quitte ses fonctions de préfet du Morbihan ce week-end. Lundi, il sera en Saône-et-Loire. Ainsi va la vie de l'administration...

« J'ai un peu l'impression de partir à cloche-pied... »


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Entretien OUEST-FRANCE

 

 

Vous êtes resté dix-huit mois préfet du Morbihan. C'est court...

Et même très court ! Je ne m'y attendais pas du tout…

 

Cela ne doit pas être simple de travailler dans la continuité en changeant si vite ?

 Je dis et répète depuis des années que la rationalité administrative devrait conduire à nous laisser à peu près trois ans en poste (....).Faire de la gestion de crise et de l'ordre public, c'est une chose, mais il y a aussi des dossiers qui réclament un travail en profondeur.

 

Ces dossiers peuvent-ils être une explication à votre départ ?

Je ne le pense pas du tout. La discussion était parfois compliquée, avec des positions très crispées dans certains secteurs, mais je n'avais, pour l'instant, avancé des choses précises que sur un seul secteur : celui d'Auray. Je me fais peut-être des illusions, mais je ne pense pas que cela ait quelque chose à voir avec mon départ. J'ai même le sentiment que cela faisait parler et bouger. Les gens vont devoir s'interroger sur la pertinence de ce qu'ils ont aujourd'hui et ce qu'il faut pour demain. Parfois, on construit des forteresses en disant : « On est bien chez nous, ne touchez à rien. » Parfois, au contraire, on sent une volonté de s'organiser et de s'ouvrir, mais sans savoir comment faire.

 

Jean-François Savy, votre successeur peut-il complètement changer le projet qui était le vôtre ?

Je n'avais pas encore écrit de projet, simplement des réflexions, des travaux et le fruit d'échanges. Je vais laisser tout cela à mon secrétaire général. Il appartiendra à mon successeur de sortir les cartes. Il aura sa liberté mais cela paraît difficile qu'il parte d'une page blanche…

 

Quels sont les enjeux du Morbihan pour les années à venir ?

Il y a un fond de prospérité, avec une population qui augmente vite. Le département est très attractif pratiquement sur tout son territoire. De l'emploi y est créé. On voit bien aussi des éléments de fragilité, à commencer par l'équilibre du littoral. Il faudra bien gérer la pression foncière, avoir du logement accessible et ne pas vouloir faire du « tout tourisme ». La tentation est forte de faire du résidentiel. Mais il faut un littoral qui soit riche d'un tissu d'activités variées. La survie de la conchyliculture, c'est aussi cela.

 

L'application de la loi Littoral reste complexe et source de tensions...

aC'est compliqué, oui, mais depuis dix ans, la loi n'a pas bloqué la croissance du littoral morbihannais. La preuve : le département gagne un point par an de population et les communes du littoral environ un point et demi, avec pourtant Lorient qui diminue et Vannes qui augmente peu. C'est bien la preuve que la loi n'empêche pas les communes de grandir. Cela oblige surtout à être intelligent et à prévoir plus longtemps à l'avance. Il faut que la puissance publique soit plus active sur le marché foncier qu'elle ne l'était traditionnellement.

 



Une vie de préfet, c'est aussi une vie de frustration...

Oui et ce n'est pas la première fois que je pars en étant un peu frustré. Outre l'intercommunalité, j'avais l'intention de lancer au printemps des plans de prévention des risques littoraux dans plusieurs secteurs. Une démarche importante. Je ne pourrai pas aller au bout (…)

 

Sur un plan personnel, vous avez apprécié le Morbihan ?

Dans l'exercice de mes fonctions, je suis allé dans un peu moins de la moitié des communes. Ce n'est pas mal, même si j'aurais aimé en connaître encore plus. Je commençais à bien sentir le territoire et à entrer dans ses nuances, comme les paysages. Je ne connaissais pas la Ria d'Etel par exemple. Ce fut un plaisir à découvrir.

 

Être préfet commande de garder de la distance et du recul, car nous sommes les représentants du Gouvernement et les dépositaires de politiques nationales. Mais j'estime qu'un préfet doit avoir de l'affection pour un territoire et, surtout, pour les gens qui y vivent. On ne peut pas bien faire son travail si on survole, sans aller au contact. J'ai essayé d'être présent sur le terrain.

 

 

Extrait des propos recueillis par Édouard REIS-CARONA.  Ouest-France  

 


Regrettable ce départ ! Que de temps et d'énergie perdus !

 

Nous avions un préfet qui avait la volonté de faire bouger les choses et qui semblait avoir bien saisi les pièges dans lesquels peut tomber le Morbihan et en particulier le littoral   :  le "tout-tourisme" et le développement résidentiel au détriment des activités économiques.

 

Nous adhérions à sa vision de la maîtrise du foncier pour dégager du logement social. 

 

Espérons que son successeur aura la volonté de continuer dans la voie tracée.

Publié dans PRESSE

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